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Vente aux enchères : qu’est-ce que le prix de réserve ?

Lorsque vous décidez de vendre un objet, vous êtes invité(e) à signer un mandat ou réquisition de vente, contrat qui permet au Commissaire-priseur de vendre ledit objet en votre nom. Au moment de l’établissement de ce contrat, il vous est possible de fixer, en accord avec la Maison de vente, un prix de réserve. Ce dernier consiste en un montant secret en dessous duquel le lot ne pourra pas être vendu. Il s’agit donc d’un élément stratégique, précaution utile, mais en aucun cas nécessaire, dont il est important de connaître les caractéristiques.

Retrouvez d’autres conseils autour des ventes aux enchères comme le dépôt ou le fonctionnement des enchères lors d’une vente. 

Le prix de réserve : garantie de prix, mais non de vente

Votre œuvre fait en premier l’objet d’une estimation. Cette dernière se présente sous la forme d’une fourchette de prix, avec une estimation basse et une estimation haute. Ainsi si vous possédez une pendule en bronze estimée « 1000/1200 euros », cela signifie que le Commissaire-Priseur (ou l’expert) considère qu’elle vaut entre 1 000 euros, l’estimation basse, et 1 200 euros, l’estimation haute. Ces prix sont entendus « au marteau », c’est-à-dire qu’il s’agit des prix nets donnés pendant le déroulement de la vente. Ils ne comprennent ni les frais acheteurs ni les frais vendeurs.

Il est important de noter que cette estimation ne vous garantit aucun résultat. En effet, les enchères publiques ont pour but de vendre un objet au plus offrant. Ainsi, si l’intérêt des acheteurs pour votre objet est faible, il se peut que les enchères n’atteignent pas l’estimation donnée. Le prix de vente peut donc être inférieur à l’estimation basse, comme il peut être supérieur à l’estimation haute lorsque l’objet attire des enchérisseurs fervents. Le prix de réserve est à ce titre un mécanisme qui vous permet de vous assurer que votre objet ne sera pas vendu à un prix trop bas. À noter qu’il est encadré par la législation et ne peut en aucun cas dépasser l’estimation basse. Il est soit égal soit inférieur à celle-ci.

Pour reprendre notre exemple, il vous est possible de demander un prix de réserve pour votre pendule estimée 1000/1200 euros. Ce prix de réserve pourra être égal ou inférieur à l’estimation basse, à savoir 1000 euros. Imaginons à ce titre qu’il soit fixé à 800 euros. Dans ce cas, si les enchères n’atteignent pas 800 euros, la pendule sera « retirée faute d’enchères » et sera mentionnée comme invendue après la vente. Elle pourra soit vous être rendue, soit faire l’objet d’un after-sale (vente de gré à gré d’un lot invendu), soit être prévue pour une nouvelle vente. En revanche, la pendule pourra être adjugée dès le palier de 800 euros atteint.

À noter que certaines Maisons de vente aux enchères se ménagent une souplesse sur le prix de réserve. On dit alors, par exemple, que la réserve de 800 euros est entendue à 10 % près. Cela signifie que le Commissaire-priseur pourra en réalité vendre la pendule à partir de 720 euros. Cette souplesse permet de vendre l’objet à un prix raisonnable, proche du prix de réserve. Si cette méthode est pratiquée par la Maison de vente que vous avez choisie, vous pouvez néanmoins la refuser en le mentionnant sur le contrat. Il convient donc de regarder avec vigilance les conditions générales de vente au moment de la signature du contrat pour éviter toute mauvaise surprise.

Les différents critères à prendre en compte pour établir le prix de réserve

Si le prix de réserve est un mécanisme utile, il reste contraignant et peut faire obstacle à la vente. Son établissement fait donc l’objet d’une négociation avec la Maison de vente. Il est utile à cet égard de garder à l’esprit les quelques critères suivants.

Tout d’abord, le prix de réserve dépend de l’importance que vous attachez à la vente. Ainsi, si vous tenez à ce que l’objet soit impérativement vendu, il convient de ne pas mettre de prix de réserve ou d’en mettre un relativement bas. En effet, plus le prix de réserve est bas, meilleures sont les chances de vendre. Au contraire, si vous attachez une importance particulière au résultat de la vente, quitte à ne pas vendre l’objet si les enchères sont faibles, il faudra faire du prix de réserve une condition sine qua none de la vente.

En deuxième lieu, il convient de prendre en compte l’intérêt du marché pour le type d’objet vendu. En effet, les enchères fluctuent selon la conjoncture économique et les tendances du marché de l’art. Il arrive donc qu’un objet, malgré un intérêt historique et artistique certain, ne soit pas en grande demande. Ce manque d’intérêt du marché peut être décelé en regardant les ventes récentes d’objets équivalents. Dans ce cas, il conviendra de mettre un prix de réserve raisonnable, en accord avec la conjoncture du moment.

De plus, l’état de l’objet doit aussi être pris en compte pour le prix de réserve. En effet, si votre pendule, pour reprendre notre exemple précédent, présente de nombreux manques, restaurations ou accidents, il est judicieux de ne pas exiger un prix de réserve trop haut. Ces défauts dévalorisent votre objet sur le marché, et compliquent à eux seuls la vente.

Finalement, le prix de réserve est susceptible d’être modifié jusqu’à la vente, en fonction d’éléments apparus a posteriori. Il arrive ainsi que le Commissaire-priseur vous joigne peu avant la vente pour vous proposer de modifier un prix de réserve. Cette demande peut être justifiée par de nombreuses raisons : l’absence d’ordres d’achat, un manque d’intérêt lors de son exposition, des restaurations non mentionnées au descriptif, un lot similaire non vendu chez un confrère la veille… etc.

Par exemple, imaginons qu’un ordre ferme ait été laissé sur votre pendule pour 750 euros. Les ordres d’achat permettent aux personnes ne pouvant être en salle au moment de la vente d’y participer malgré tout. Dans le cas d’un ordre ferme, une personne donne mandat à la Maison de vente pour d’enchérir en son nom jusqu’à un certain montant. Ainsi, si un ordre a été laissé sur votre pendule à 750 euros, cela signifie qu’un acheteur est prêt à enchérir jusqu’à cette limite. Si aucun autre ordre n’a été laissé sur le lot, le Commissaire-priseur peut vous proposer de baisser le prix de réserve à 750 euros. De cette manière, votre pendule sera nécessairement vendue, soit à 750 euros, soit au-delà si un surenchérisseur se manifeste.  

En toute hypothèse, il est important de noter que votre accord reste nécessaire pour toute modification du prix de réserve a posteriori. De plus, si le prix de réserve n’est pas respecté, vous pouvez demander à être indemnisé du manque à gagner. Ainsi, vous pouvez refuser de baisse le prix de réserve de votre pendule à 750 euros. Si le commissaire-priseur adjuge néanmoins le lot à ce prix, vous pourrez soit demander l’annulation de la vente, soit demander à être remboursé de la différence.

Nos conseils

Pour conclure, l’établissement d’un prix de réserve peut être une précaution judicieuse pour certains objets. Il convient néanmoins de le fixer en connaissance de cause, car il peut faire obstacle à la vente.

Les Maisons de vente aux enchères ont intérêt à ce que vos lots trouvent preneur. À ce titre, un Commissaire-Priseur pourra vous encourager à baisser le prix de réserve, pour accroître ses chances de vendre l’objet. Direct-Estimations vous conseille donc de vous faire accompagner dans cette démarche afin de trouver le parfait compromis. 

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